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« Notre mot d'ordre, c'est Kafka. Quand je rentre du travail, papa me relance dès le seuil : Allez, Martin, on y va ? Kafka nous attend ! » En été, un vieil homme s'éteint dans un hôpital à la périphérie d'une grande ville tchèque. Les derniers mois de sa vie nous sont d'abord livrés par un carnet de notes : il y inscrit les visites, les menus événements de la maison, quelques ébauches de souvenirs d'enfance, les premiers signes, puis les étapes de la maladie qui l'emportera, mais surtout, les heures passées à traduire Le Procès de Kafka, pour le plaisir, avec l'un de ses fils.Plus distancé, plus poétique, le journal intime du fils vient retracer la même période : la maladie du père, mais aussi l'orage qui menace son propre couple et la description d'une randonnée nocturne dans laquelle il se jette à corps perdu.Dans un troisième mouvement, un narrateur accompagne le fils, écrivain, dans son travail de deuil. De même qu'Énée descendit aux Enfers pour y retrouver son père Anchise, il s'efforce de renouer avec le sien, par l'esprit, la conversation infinie. S'amorce alors un colloque de fantômes auquel, tout naturellement, Franz Kafka viendra se joindre. Avec l'enfantine candeur d'un bienheureux, le père dissipera doucement les remords et les regrets de son fils, le conduisant à faire de sa tristesse un élément de célébration, sur le chemin d'un « je » qui serait au plus près des autres.