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En 1890, Joris-Karl Huysmans (1848-1907)immortalise la rivière des castors dans son livreLa Bièvre. Membre de l'Académie Goncourt, cethomme de lettres, ami de Zola et Maupassant,y décrit une rivière déjà en train de disparaîtredu fait des travaux d'assainissement et deremblaiement qui effacèrent totalement la Bièvredu paysage parisien, son dernier tronçon étantcanalisé et enterré en 1912. Féru de symbolisme,l'auteur d'À rebours et de Là-bas, nous livre saBièvre dans toute sa dualité, à la fois symboled'un Paris pauvre et sale mais non dépourvue debeauté ni de noblesse.« Comme bien des filles de la campagne, la Bièvre est, dès son arrivée àParis, tombée dans l'affût industriel des racoleurs ; spoliée de ses vêtementsd'herbes et de ses parures d'arbres, elle a dû aussitôt se mettre à l'ouvrageet s'épuiser aux horribles tâches qu'on exigeait d'elle [...] Que de soirs,derrière les Gobelins, dans un pestilentiel fumet de vase, on la voit, seule,piétinant dans sa boue, au clair de lune, pleurant, hébétée de fatigue, sousl'arche minuscule d'un petit pont ! »