L'Esprit Galant (Airs de) Boësset, Lambert, Le Camus et Charpentier Pièces de théorbe de Gautier, Pinel, Hotman et De Visée. Le court et succinct Air sérieux connaît une grande floraison dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Le public de l'époque aimait la variété et la nouveauté, au théâtre, à la danse comme à la musique. La poésie sur laquelle s'appuyait l'Air sérieux portait le nom général de galanterie. " Delicate ", " gai ", " doux " et " au pied léger " (1) étaient les mots associés aux poètes galants vers 1670. La musique était également appelée : Un air doux et galant En parlant, trouve souvent L' heureux secret de plaisir (Jean Sicard, 1679) (2) Les caractéristiques décrites ci-dessus s'appliquent cependant non seulement au texte et à la musique, mais aussi au style d'exécution. L'importance de la diction dans le chant est un sujet important dans les 'Remarques curieuses sur l'art de bien chanter' de Bénigne de Bacilly (1668) : il y consacre pas moins de 186 pages. Le langage utilisé pour chanter est différent de celui utilisé pour parler. Pour être expressif, un chanteur, selon Bacilly, ne peut négliger une seule syllabe. Bacilly utilise le terme de style galant lorsqu'il évoque le rapport entre expression et légèreté. Pour illustrer cela, il fait référence, entre autres, aux Airs de Michel Lambert, le plus important compositeur d'Air sérieux à l'époque. Les Airs de Lambert, au nombre de 330, formaient le noyau des précieux Salons littéraires de Paris, indissociables de l'Esprit Galant qui y donnait le ton. Il dédie les Airs et Doubles (deuxièmes strophes décorés) de son premier recueil (1660) à Pierre de Niert, " Premier valet de chambre du Roy ", en hommage aux dons de chanteur de ce dernier. Niert doit sa belle manière de chanter à un séjour à Rome en 1663. L'art du chant, pratiqué à Rome (cf. notre CD Splendore di Roma, CCS SA 19903), a beaucoup inspiré Niert et, plus tard, Lambert. Malheureusement, aucune des compositions de Niert n'a survécu. Lambert connaissait sans doute les Airs de Cour d'Antoine Boësset, contemporain de De Niert, et le Sur intendant de la musique de Louis XIII. Boësset aimait la technique italienne familière consistant à souligner le contenu émotionnel de certains mots par l'utilisation d'intervalles chargés d'affekt. En 1640, " Me veux-tu voir mourir " remporte un concours entre les méthodes rationnelles et instinctives, appliquées à la composition de l'Air le plus expressif possible. Le " Jury " comprenait le poète et musicien néerlandais Constantijn Huygens et le savant français Marin Mersenne, qui écrivit à propos de Boësset : " ...ses airs ont je ne sçay quoi de grand et d'heroïque... " (1640 (3)...
Pays d'Origine : INCONNU
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