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A partir du milieu des années 30, brancati, qui dans sa jeunesse s'était laissé séduire par l'activisme fasciste, n'aura de cesse de fustiger les comportements moutonniers, l'incapacité à développer une activité intellectuelle personnelle, à utiliser son libre arbitre. c'est précisément ce qui forme la toile de fond de son journal, ce qui le rend _ à notre époque où les fanatismes (devenus " intégrismes ") semblent gagner du terrain _ si actuel. certaines de ses remarques insidieuses, certains de ses propos à la fois désabusés et lucides sur le stalinisme ou sur la mainmise des pouvoirs sur la culture, qui nous semblent aujourd'hui évidents (mais rappelons qu'ils étaient loin d'être partagés par ses contemporains), pourraient être appliqués à la situation présente.Mais le journal romain, c'est aussi l'évocation de cette sicile pour laquelle, en dépit des défauts de son peuple, l'auteur garde une nostalgie constante: quelques-unes de ses pages sur l'île comptent parmi les plus belles qui aient été écrites à ce sujet.Le journal romain, c'est encore l'évocation des grands écrivains qui, semble-t-il, vivent continuellement en compagnie de brancati: de leopardi à stendhal, d'andré gide à thomas mann en passant par gogol, leur regard sur le monde et le regard que brancati porte à son tour sur eux sont d'un inestimable intérêt littéraire.Enfin, ce journal est la chronique patiente des menus faits divers d'une époque romaine _ celle d'un après-guerre rempli à la fois d'espoirs et de contradictions _ que brancati réussit admirablement à faire revivre.Vitaliano brancati est né près de catane, en sicile, en 1907, et mort à turin en 1954. très admiré de sciascia, qui a préfacé l'édition italienne de ses oeuvres complètes, il laisse une oeuvre d'ironiste, dont les années perdues, le vieux avec les bottes, don juan en sicile, le bel antonio, rêve de valse, etc.