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En 1962, ses nouvelles et dessins satiriques ont valu à Mro'ek une immense popularité. Les autorités de la Pologne communiste lui font les yeux doux et l'encouragent même à voyager. C'est alors qu'après six années d'interruption et l'autodafé de ses précédents cahiers, Mro¿ek reprend l'habitude de tenir son journal intime. Le lecteur y découvrira non seulement le laboratoire d'un grand auteur, mais aussi ses doutes, ses tourments, ses railleries, ses colères. C'est en Italie, en 1963, que Mro¿ek envisage l'exil. Il écrit Tango, l'une des pièces qui le feront connaître dans toute l'Europe occidentale. Il voyage d'une capitale à l'autre, au fil des représentations et se trouve à Paris, en août 1968, lorsque les armées du Pacte de Varsovie écrasent le Printemps de Prague. Par une lettre ouverte dans « Le Monde », Mro¿ek s'insurge et, dans la foulée, il demande l'asile politique à la France. Sa femme, l'artiste-peintre Maria Obremba tombe alors gravement malade. Elle mourra l'année suivante d'un cancer à Berlin-Ouest et c'est sur cette tragédie intime que s'achève le premier volume du journal.Miroir impitoyable, instrument d'investigation, de dissection de l'âme, ces pages relèvent du courage et de la nécessité : « J'écris pour vivre », note l'auteur.