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De 1938 à 1945, Arthur Adamov a écrit toute une série de textes qu'il a réunis dans L'Aveu, publié en 1946. Depuis, il considère L'Aveu comme «le lieu secret de son oeuvre et pourquoi ne pas le dire, un peu comme son water-closet». Il avait tenté dans L'Aveu de parler de ce qui toujours est passé sous silence : l'horreur sexuelle, les mille superstitions qui rongent l'intérieur de l'être... S'il a par la suite nié ou renié L'Aveu, ce n'est pas par pudeur mais parce qu'à l'aveu même il avait ajouté une justification métaphysique entre-temps refusée. Après avoir, dans L'Homme et l'enfant, suivi le cours de son existence sous tous ses aspects : amour, sexualité, argent, politique, etc., Arthur Adamov est revenu à ce qui est au centre même de L'Aveu : la scène de l'humiliation. Mais cette fois il n'explique plus, il ne se justifie plus. Au je romantique il substitue ils, ce masculin pluriel qui recouvre aussi bien le féminin. Il nomme les choses par leur nom, sans métaphores. Ainsi ces images faites de souvenirs réels ou imaginaires s'imposent- elles à nous avec l'évidence de la poésie.