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Dans son précédent ouvrage, L'idéologie omeyyade, Gabriel Martinez-Gros s'attachait à cerner les traits de la dynastie des Omeyyades de Cordoue (756-1031), originaire de la Mecque, qui avait règné à Damas de 661 à 750 avant de fonder l'Espagne musulmane.Il montrait notamment, en analysant la production historiographique et littéraire du Xe siècle, que jamais les Omeyyades ne renoncèrent à leurs droits sur l'empire mulsuman tout entier, au nom de leur identité arabe, celle du Prophète.Or, malgré la disparition définitive des Omeyyades en 1031, les Andalous continueront à se réclamer de cette identité, avec la passion renforcée que nourrit l'obstacle d'une réalité souvent contraire.Ils en tireront une conception originale de leur histoire et sauront même l'incarner sur la rive maghrébine, ainsi que le montre le récit de la fondation de Fès. L'auteur insiste sur le cas d'Ibn Khaldûn (1332-1406) né à Tunis de souche sévillane, qui, en historien et en philosophe de l'histoire, sut le mieux dénoncer les faux-semblants de cette identité à laquelle tout prouve, par ailleurs, qu'il était profondément attaché.