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EXTRAIT : « En contrepoint les vents du sud leur parlent de désirs et de langueurs sans nom. Sous leur archet brûlant des pays se racontent, des terres écrasées de lumière, des champs roussis d'automne, des récits de couteaux qu'on affûte la nuit. Aux veines de ces vents coule un sang de violence. Jan en cueille les tiges, les assemble, en joue la partition : tous les mistrals, les autans et les siroccos, les alizés, le chant violet des orages, cyclones et aquilons, des sanglots, des tempêtes, (la maison grince et tangue, on la dirait roulée de terribles marées). Et puis un ouragan qui passe sur la feuille entraîne, déracine les tiges et les fleurs. Dans sa course il halète, les emporte avec lui, et la maison aussi dans un tourbillon halluciné de musique et de vie. Tourbillon, tourbillon, voilà ce qu'est leur vie sous le signe du vent. Ils courent dans les rues et dans les forêts et le vent les décoiffe, ébouriffe leurs coeurs, fouette de ses lianes leurs joues, leurs yeux de fièvre. Jamais si occupés, si essoufflés, jamais tant de musique, jamais tant de couleurs, à s'en déchirer les yeux et les oreilles, les yeux et les oreilles remplis de mirages par milliers, et leurs dents sur tous les fruits. C'est l'automne à s'en mordre le coeur. »