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« De la pessima Bianca, le grand-duc Ferdinand, son beau-frère, a fait brûler tous les tableaux, tous les portraits, tous les médaillons. Que l'on ne sache plus qu'elle a été, comment elle a été. De même qu'on ne sait pas quand elle est née. Cette illusion des puissants de ce monde qui croient pouvoir transmettre à la postérité le sens officiel de l'Histoire : le massacre des innocents ; l'assassinat de tous les prétendants au trône... Il demeure toujours quelques graines enfouies, d'une force tenace sous la terre brûlée, pour nourrir l'imaginaire des poètes, qui seuls disent la vérité. » L'époque : la Renaissance de la deuxième moitié du XVIe siècle. Le cadre : ces cités italiennes opulentes où, derrière le faste, glissent et rampent toutes les ambitions. L'héroïne : celle que l'on nommera la pessima Bianca. Une fille de patricien. Belle. Trop peut-être. Consciente certainement du destin que l'on promet aux filles à l'époque : le mariage réduit à une simple tractation entre familles puissantes, ou le couvent. Une femme qui défi era, à sa façon, l'engrenage social en épousant Piero Buonaventuri. Qui connaîtra la chute, avant de devenir, bientôt, la maîtresse, puis la femme du futur grand-duc de Toscane, attirant à elle la haine de son beaufrère. Une figure historique oblitérée, dont Baillet effleure les mystères et les secrets de l'âme à travers un roman biographique qui ne dissimule jamais la fascination, voire l'affection, de son auteur pour cet être si évanescent, si secret.