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Deux pour ne faire qu'un, le Français Guillaume Latil et le Brésilien Matheus Donato ont marié le violoncelle de l'un et le cavaquinho de l'autre. C'est le sens du titre de leur album commun, Hémisphères, dont la beauté jaillit de l'entrelacs des cordes. Le duo est né en terrain neutre, ni vraiment jazz ni vraiment choro, où l'improvisation côtoie la musique contemporaine en se parant de couleurs chambristes. Mais il en faut, du talent et du travail, pour harmoniser le violoncelle, auréolé de prestige chez Beethoven ou Dvorak, avec les aigües du cavaquinho, petite guitare au moyen de laquelle le peuple brésilien exprime ses sentiments et souffrances.Jouant de ce contraste, Guillaume Latil et Matheus Donato ne fusionnent pas mais s'additionnent en alternant des compositions originales et des reprises de Schumann, Pixinguinha et du pianiste argentin Carlos Aguirre. Tout en drapant leur virtuosité sous un voile contemplatif, ils réussissent cette prouesse : produire, au moyen de deux instruments aux sources éloignées, une musique qui coule elle-même de source.