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« Le haiku n'est l'expression d'aucune sagesse, juste une incision très légère faite dans la trame du temps, la césure nette et infime par où se laisse apercevoir la vrille d'un vertige ouvrant sur nulle part, précipitant le passage du présent puis le suspendant sur la pointe insignifiante d'un seul instant. » Romancier et essayiste, Philippe Forest a consacré plusieurs livres au Japon, à ses écrivains (Ôé) et à ses artistes (Araki). Il est ainsi l'auteur de Sarinagara (Gallimard, Prix décembre 2004). Ce quatrième volume d'Allaphbed (Haikus, etc.) reprend et prolonge le propos du premier (La Beauté du contresens). Il rassemble une série de textes souvent inédits traitant de la poésie, de la peinture, de la photographie japonaises et où l'on trouvera notamment évoqués le théâtre nô (Zeami), l'art du haiku (de Bashô à Issa), ou encore l'oeuvre de Nakahara Chûya, le « Rimbaud japonais ». C'est un « art poétique » également que Philippe Forest développe dans cet ouvrage à partir d'une méditation sur le haiku en laquelle on reconnaîtra l'écho de la réflexion sur le réel et sur le roman proposée dans tous ses livres. 43 secondes évoque enfin Hiroshima sous la forme d'une pièce radiophonique composée en contrepoint aux pages que Sarinagara avait consacrées à Nagasaki.