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Le christianisme est-il responsable de la crise écologique ?Dans un article fondateur de 1967, l'historien Lynn White Junior dénonçait le christianisme comme l'origine de notre « anthropocentrisme » congénital : ce trait culturel occidental par lequel nous séparons l'univers deux catégories, l'humain et le naturel, pour nous placer au centre.Dans Genèse, le chef de file de l'éthique environnementale John Baird Callicott revient sur la force et l'influence de cette idée de White, pour en questionner ensuite la pertinence, jusqu'à une relecture du péché originel. La chute, loin d'être la punition d'un péché de chair, serait la conséquence d'un accaparement par l'homme du monde naturel. Le péché originel est un péché d'anthropocentrisme ;Et le christianisme, du fond des âges, fait écho à notre situation actuelle.Ce court texte, abordable et lumineux, constitue l'un des sommets de l'oeuvre abondante de Callicott, et touche ici à son intuition la plus profonde, en proposant une réconciliation de nos racines culturelles avec l'enjeu contemporain de la crise écologique.Avec Genèse, Callicott répond par le haut à la suspicion qui règne autour de la question de la religiosité de l'écologie : au final, l'enjeu posé par la crise écologique touche bien aux racines mêmes de notre identité culturelle - à l'idée que nous nous faisons de la nature, de l'esprit et de nous-mêmes.