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«Vous aimeriez vous appeler Agnès Hitler ? » C'est en ces termes violents mais parfaits reflets de sa colère et de sa peine que l'actrice Agnès Soral s'exprimait il y a quelques mois dans les colonnes du Nouvel Obs en parlant de son frère. Pour cette femme humaniste et engagée à gauche, il est devenu insupportable de voir son nom amalgamé aux idées xénophobes et haineuses - des idées contre lesquelles elle s'est toujours battue - d'Alain Soral, qu'elle ne côtoie plus depuis des années. Cruelle ironie du sort de voir ainsi son nom d'artiste sali et « récupéré » par celui à qui, jeune actrice en plein essor, elle l'avait offert afin de l'aider à percer plus vite. Aujourd'hui, Agnès Soral, lassée par les provocations, entravée dans son métier, blessée dans son être et sa chair, a décidé de ne plus se taire et de reprendre son nom.À travers son parcours, ses souvenirs, ses blessures familiales, elle dresse en filigrane le portrait d'un frère brillant et mal aimé, dont elle ne comprend toujours pas comment il en est arrivé là. Tour à tour drôle, sans concession, révoltée ou tendre, elle offre un récit fort et rappelle que si l'« on ne choisit pas sa famille », on ne doit néanmoins pas en devenir la victime.