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L'influence des fables de Florian - né en 1755 et mort en 1794 - plus souterraine que celle de La Fontaine, n'en est pas moins forte. Nous lui devons, entre autres, des expressions comme « larmes de crocodile », « réveiller le chat qui dort », « éclairer sa lanterne » ou « aller se faire tondre », passées désormais dans le langage courant. De même, les maximes « Rira bien qui rira le dernier » ou « Pour vivre heureux, vivons cachés » ont, elles aussi, une seule et même source : les fables de Florian. Ces fables, moins moralistes que celles de La Fontaine héritier du Grand siècle, sont plus marquées par le temps qui passe et une société qui va basculer avec la Révolution française. L'art de Florian, oscillant entre récit et morale, fragilité et regret, ne pouvait que séduire Benjamin Rabier. Contrairement à ses illustrations précédentes, les dessins qui furent réalisés en 1936, à la fin de sa vie, accompagnent les fables non comme des scènes illustrées mais comme des enluminures, les encadrant avec fluidité, au moyen de raccourcis et de gros plans, donnant une note plus autonome et moderne à son travail.