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Quatrième partie du Bréviaire de Saint Orphée (les trois premières ont toutes été publiées chez Phébus, à savoir : En marge de Casanova - 1991 -, Renaissance noire - 1991 - et Escorial - 1993), Europa minor (1941) met en scène Elizabeth Tudor - Elizabeth 1er d'Angleterre. La reine, après avoir éconduit le roi d'Espagne, Philippe II, lui adresse une lettre dans laquelle elle lui rend compte de ses récentes lectures (les livres lui ont été rapportés d'Asie par une expédition qu'elle avait financée) : Genji , le premier grand roman japonais, Akbar, une histoire d'amour persane, et des extraits d'un livre d'histoire mongole traitant de Gengis Khan. La lettre de la reine est truffée de commentaires historiques et psychologiques hautement spirituels. C'est un véritable feu d'artifices d'affirmations paradoxales et de faux anachronismes où sublime et trivial se côtoient constamment.Avec Europa minor, Miklós Szentkuthy nous prouve, si besoin était, qu'en littérature il ose tout et réussit tout ce qu'il ose. D'ailleurs le démiurge hongrois ne disait-il pas : " J'ai toujours voulu tout voir, tout lire, tout penser, tout rêver, tout avaler ! ". Et cette volonté, ce désir, cette aptitude à tout saisir et à tout métamorphoser il les met au service de ses textes, dont cet Europa minor. Il crée un monde qui n'appartient qu'à lui. Livre inouï par la manière qu'a l'auteur d'embrasser civilisations et destinées particulières, de faire se rencontrer les cultures les plus opposées. Szentkuthy nous donne à lire, à entendre un opéra baroque où la moindre digression, génialement menée, prend corps et est un continent à elle seule.