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Espoir et dislocation

Chaze/simon (Auteur principal)

Livre | Format : Livre poche | Editeur : ACRATIE | Date de parution : 23/01/2025

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Résumé

Présentation Ce troisième volume de la correspondance échangée entre Henri Simon et Henry Chazé, de 1955 à 1984, reproduit les lettres quasi hebdomadaires qui retracent l'itinéraire de ces deux militants d'un « communisme antiparti », une forme politique originale qu'on a pu appeler aussi « communisme de conseils », et qui s'opposait à la conception léniniste, c'est-à-dire centraliste et autoritaire, de la politique. Des précédents volumes, le premier, Vous faites l'histoire !, couvrait les années 1950 ; le deuxième, Le Vent en poupe, réunit les lettres des années 1960. Le présent volume ne contient peut-être pas davantage de missives, mais les contributions se sont épaissies, les pages se sont multipliées, plus remplies, les réflexions développées... Il s'ouvre au matin du 6 mai 1968, Chazé écoute la radio : le quartier Latin est bouclé... On manifeste, on se bagarre avec la police... Bientôt ce seront les barricades, bientôt ce seront les grèves, « la plus grande grève de l'histoire ». Bientôt ce sera un afflux de participants à des organisations politiques traditionnelles, mais aussi à ICO, parmi des groupes plus ouverts, plus informels. Structures ? organisations ? partis ? avant-garde ? À quoi l'ancienne ICO (Informations correspondance ouvrières), réunion de militants (issus de Socialisme ou Barbarie) se rencontrant chaque semaine pour faire le point sur des luttes d'entreprises, va-t-elle se confronter ? Que va-t-elle trouver dans ce volcan surchauffé, ce grand chaudron des organisations politiques et syndicales communistes, anarchistes, situationnistes... où elle finira par fondre et disparaître ? Quelles positions défendre ? Chazé, qui continue à privilégier les relations internationales, aimait déjà auparavant à attaquer le marxisme, qu'il juge doctrinaire, de Paul Mattick. « Tu comprends, écrit-il à Simon, « ce que j'écris sur le marxisme est en retard sur ce que je pense, parce que je tiens à assurer mes pas. (...) Je souligne le bon, ce qui m'arrange et fait dépasser le marxisme [...] D'ailleurs, je t'en avais prévenu. Mon idée est d'arriver à ne garder du marxisme que ce qui est valable : la lutte de classe. Tout le reste doit être revu, rajeuni, modifié. [...] Le finalisme, le fatalisme, l'inéluctabilité, la mission historique, à déblayer » ou encore : « Il devient de plus en plus clair que seule la lutte de classe peut ébranler les régimes d'exploitation et non les difficultés intérieures des pays industriels dont l'économie s'adapte tant bien que mal aux contradictions qu'elle secrète [...]. » Henri, quant à lui, ne semble pas répondre à la question, (pré)occupé qu'il est par les (dys)fonctionnements d'ICO, nés des origines diverses d'activistes ; pour une fois nous préférons cet anglicisme au terme « militant », s'agissant de gens d'horizons divers ne représentant pas forcément une organisation structurée soucieuse de prendre la main sur le bulletin. Car ICO connaît un certain succès et un afflux d'étudiants mobilisés. Les uns veulent continuer un journal des luttes, les autres, dans la lignée de Mai 68, un espace de libre expression, voyant dans toute tentative d'ordre du jour une manipulation autoritaire... Le conflit s'exacerbe au fil des années, se focalise sur l'inexécution des « tâches matérielles », en gros la rédaction du bulletin, les liaisons avec l'imprimeur, l'agrafage, l'expédition... alors qu'au dehors, en 1971, 72, 74, 75, l'agitation étudiante et ouvrière s'amplifie, les manifestations et grèves se multiplient. S'ajoute à cela une activité éditoriale : brochure sur la Pologne, traduction des Conseils ouvriers de Pannekoek, accouchement dans la douleur d'une brochure sur Lip... Par ailleurs, Chazé collabore aux Cahiers du communisme de conseils publiés par Robert Camoin. Et Henri reste actif chez son employeur, les Assurances générales, animant le comité des employés (à la fois antipatronal et antisyndical). Ce n'est pas anodin : en décembre 1970, il est mis à pied pour entrave à un comité d'établissement, en janvier 1971 il est licencié. Il suit le front des grèves d'ici ou là - chez Renault (se désolant de ce que cette action semble n'intéresser personne à ICO !), au Mans en avril-mai 1971, au Joint français en 1972, grève qui soulève un élan de solidarité national. Il met aussi sur pied des rencontres, nationales et internationales, dont les répercussions ne seront pas seulement politiques. Lors d'une de ces rencontres, en 1971, à Boulogne-sur-Mer, voilà que passe une jeune Anglaise. Il la revoit. C'est la fille de Joe Jacobs, un ancien membre de Solidarité. Henri devait aller en famille en octobre 1972 à Bergerette. Il annule Bergerette, et c'est avec Janet qu'il part. Côté grèves, c'est bientôt - 1973 - l'immense répercussion de l'occupation de l'usine Lip à Besançon avec la récupération et la vente des stocks, qui fait parler d'autogestion (sous le slogan « On fabrique, on vend, on se paie »), là où Archinoir/Négation, comme ICO, ne voient qu'une mystification (il n'y a pas eu d'autogestion car il n'y a pas eu de fabrication de montres, seulement un atelier de montage). Tout se mêle dans ces années où ICO, qu'Henri Simon quittera finalement, se disloque et disparaît. L'année 1974 sera consacrée aux mises au point et aux réglages de comptes : la fin de ce volume de correspondance collecte un dossier des réflexions sur l'action, sur les groupes... Le 1er janvier 1975, une petite fille naît dans le domicile parisien de Janet et Henri. En avril, une feuille dactylographiée est publiée à la même adresse, sous le titre d'Echanges, avec l'aide des camarades de Liège. Une nouvelle ère, une nouvelle continuité. F. M.

Détails

Plus d’information
EAN 9782909899770
ISBN 2909899772
Contributeurs Chaze/simon (Auteur principal)
Format Livre poche
Nombre de pages 700
Éditeur ACRATIE
Largeur 12 cm
Longueur 18 cm
Épaisseur 4 cm
Poids 1 kg
Impression à la demande Non
Catégories Pouvoir, politique et société, Art, Musique et Cinéma, Livres, Essais et critique littéraires

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