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« L'Entraînement est un ouvrage composé de cent soixante fragments dont l'écriture adopte des variations incessantes. On y croise des personnages, des rues, des morceaux de villes et de paysage, des remarques philosophiques, dans des poèmes, des fictions miniatures. Soit un ensemble de motifs, de vignettes et de moments qui se succèdent, s'accumulent, disparaissent et font retour. L'écriture est, pour Joseph Mouton, un geste, une gymnastique, une mécanique : elle engage le désaccord de la grammaire et l'agilité de l'esprit. » Art Press, n° 304 septembre 2004, Christophe Kihm. Joseph Mouton se cache bien sous un pseudonyme, comme l'avait soupçonné Guy Debord en célébrant son intelligence dans « Cette mauvaise réputation » mais son nom de famille est authentique, c'est son prénom, Bernard, qu'il a en quelque sorte recouvert et agenouillé sur la paille d'une crèche. Ce professeur d'esthétique à la Villa Arson, d'une drôlerie féroce, ressemble plus à Trotski qu'à Staline, l'imagerie de la révolution d'octobre ayant aussi bien pu l'inspirer que celle du christianisme tant il affectionne l'ambivalence des modèles. J'aime sa façon de manier des concepts puissants avec le contrepoint de notations familières, ou plutôt de donner à voir leurs superbes manoeuvres dans le contraste de données toute triviales, en jubilant comme s'il n'était qu'un modeste marionnettiste à qui une fée offrirait sans cesse d'innombrables Pinocchio, tous plus vivants les uns que les autres. Sitaudis