Deux albums, d'abord avec le groupe MOLYPOP puis sous son nom, nous avaient permis de faire la connaissance de ce riche personnage qu'est EMMANUEL TUGNY, hyperactif dont on devine aisément qu'il fait partie de la caste très fermée de ceux qui n'ont besoin que de quatre heures de sommeil par nuit. Qu'on en juge : diplomate en poste à Porto Alegre au Brésil, bientôt en Russie, notre homme s'est d'abord fait connaître en tant qu'écrivain (dernier ouvrage en date :Sidération !), avant de publier coup sur coup trois albums aux ambiances et aux angles différents. Et ce nouveau disque, « EMILYANDIWE » est comme son nom l'indique à majorité anglophone.Le brésilien d'adoption est un adepte du beau « je », celui qui permet d'assumer la paternité d'un projet tout en faisant une belle place aux autres, ceux qu'on admire, ceux qu'on apprécie, ceux avec qui on vit.A commencer en l'occurrence par un fantôme qu'on devine très présent dans la vie de notre Docteur et agrégé en Littérature (ah oui, aussi !) Emily Dickinson .. Figure majeure de la poésie américaine parfaitement inconnue de son vivant, elle voit ici EMMANUEL TUGNY s'approprier avec le talent et le respect du connaisseur quelques uns de ses textes les plus étranges et les plus vénéneux.Le traitement musical n'en est pas noir pour autant, comme en témoigne le nom du groupe qu'a constitué EMMANUEL TUGNY autour de son projet : Lady Guaiba's Swing Band.Comme pour les deux précédents disques, on retrouve la voix d' Olivier Mellano, le timbre incroyable de celle de John Greaves, et de complices habituels comme Christophe Boissière ou Otavio Moura. Rencontre initiée pour un live radio sur son premier album solo « Só », la collaboration avec les joyeux drilles de la « section de cuivre indépendante » MBS dirigée par Mickael Plihon, se poursuit cette fois sur disque, idem pour Agnès Michaux (ex-Canal +) qui chante sur un titre qu'elle a co-écrit, « Neige ».Une autre chanteuse fait quant à elle son retour : Graziella de Michele (« Le Pull Over Blanc »), impeccable sur « Les Transhumances ». Enfi n, deux écrivains viennent prêter main forte à EMMANUEL TUGNY : le romancier et poète algérien Rachid Boudjedra, et surtout le français Yves Simon, sans nul doute un des écrivains-musiciens les plus respectés et qui a voulu se prêter au jeu. Il signe ou co-signe plusieurs titres et adaptations («Raconte-toi») et pose sa voix sur ses textes ou ceux des autres. TUGNY, son admirateur de toujours, n'en est pas peu fi er, on le comprend.Comme à son habitude, il ajoute quelques reprises de Leonard Cohen («Tower of song»), John Cale («I keep a close watch») ou Randy Newman («Memo to my son») ainsi que les classiques «My Funny Valentine» et «Cry Me A River». A l'heure des disques où l'arbre d'un ou deux singles cachent la forêt de trente cinq minutes de remplissage plus ou moins habile, TUGNY nous livre avec EMILYANDIWE une oeuvre orchestrale riche et roborative, où la joie de ses créateurs à prendre part à l'aventure s'entend à chaque vers, à chaque mesure.
Pays d'Origine : INCONNU
Année de Sortie : 2010
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