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«En dramatisant le règne convulsif d'Édouard de Carnarvon, roi d'Angleterre de 1307 à 1327, Marlowe suit assez fidèlement les chroniques d'Holinshed (publiées en 1577). Édouard II est le souverain du chaos. Son règne est celui du désordre, de l'excès, de la prodigalité. Il élève des «culs-terreux» aux plus hautes dignités, place un homme dans son lit, bafoue, bouleverse et transgresse toutes les hiérarchies «naturelles» sur lesquelles se fondent son pouvoir, ses privilèges et ses droits. L'originalité de Marlowe est de traiter conjointement le thème politque et le thème sexuel, créant un parfait jeu de miroirs entre amours contre nature et troubles contre nature dans le corps social. C'est cette construction en miroir qui fait de la première grande tragédie historique anglaise une tragédie archétypale, ouvrant l'histoire à la dimension du mythe. Tragédie du désir, tragédie de la transgression. Sans rémission, transcendance ni espoir.» Jean-Michel Déprats.