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« J'ai aimé le petit air de cousinage avec Villon, avec Rimbaud, qui passe dans des échos de mots ou de rythme, sans jamais s'imposer autrement que par des «airs», justement. Mais j'étais désolée de cette misère, ce dénuement, cet abandon qu'ils fredonnent souvent et clament parfois, ceux de l'existence journalière et ceux du destin. Et c'est sans doute ce que veut ce recueil, qu'on soit sans cesse désolé-consolé-désolé. Car je suis d'ordinaire une lectrice assez docile. » « C'est une belle idée que ces poèmes jumeaux, si différents de ton, une vraie conversation pourtant, mais plus parallèle que croisée. D'un côté les jeux avec les mots comme des tours de carte, des surprises de racines et d'images, sauts de registres et enchaînements incongrus, et puis de l'autre plus de préciosité, de silences, parfois de brièveté plus solennelle... un écho qui rend les choses plus définitives dans des formules moins familières. Pas forcément plus terribles : mais le «je dansais» qui répond à «la maison du poète s'effondre» est-il une consolation ? » « C'est très noir, c'est très curieux, c'est très changeant aussi selon l'humeur qu'on a. Celui qui n'a plus rien a sa trousse pour écrire, et on est bien content. Comme ce sont des mots qui en sortent comme dans un dessin de Topor, on se dit que la consolation est là, et que le pauvre n'est plus tout à fait seul avec son sac, et que ses mots sont bien trouvés et bien troussés, et que c'est toujours bon à prendre. » Marie-Anne Arnaud-Toulouse