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Hors de la science juridique, la marchandisation est rarement définie tant son sens semble aller de soi. Entendue comme un processus de transformation des choses non marchandes en choses marchandes, la marchandisation est un phénomène ancien, lié à l'histoire du capitalisme et donc connu du droit. Ce n'est pourtant qu'à partir de la fin du XXe siècle, en réaction d'opposition à la mondialisation des marchés et à l'extension de la sphère marchande que le terme devient d'un usage fréquent dans le langage courant.Aujourd'hui, marchandisation désigne plus qu'une simple mécanique de transformation, elle est symbolique du capitalisme mondialisé et c'est à ce titre que nombre de disciplines des sciences de l'homme et de la société, telles la philosophie, la sociologie et l'économie, l'abordent.Qu'en est-il du rapport du droit à la marchandisation? C'est à cette question que répondent les actes du colloque organisé par le Credimi en mai 2009. Sur le plan conceptuel, l'acception moderne de la marchandisation ne semble pas avoir affecté le droit. Certes, le dépassement et l'effacement des espaces nationaux avec la mondialisation, de l'économie d'abord et du droit ensuite, se sont accompagnés d'un débordement de la marchandise. Il n'en reste pas moins que si le droit n'est pas hermétique à la marchandisation, il ne l'élève ni au rang de ses notions, ni à celui de ses concepts.Après un éclairage d'ordre conceptuel, les auteurs du présent ouvrage examinent donc l'ambiguïté des rapports entre le droit et la marchandisation. C'est ainsi que le droit apparaît d'abord comme un vecteur de la marchandisation à laquelle il fournit ses concepts et techniques. Il est ensuite, et parmi d'autres, un objet de la marchandisation dès lors que le droit est lui-même subordonné, par le jeu de la volonté des opérateurs, à une condition d'efficience économique.Sous la direction de Éric Loquin et Annie Martin.