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Formé dans les écoles du Komintern à Moscou, député communiste à 25 ans, maire de Saint-Denis à 32, Jacques Doriot fut au sein du PCF le grand rival de Maurice Thorez. Pour avoir refusé de se plier aux exigences de Staline et prôné trop tôt un rapprochement avec les socialistes, il est exclu du Parti en 1934. Deux ans plus tard, il fonde le Parti populaire français (PPF), qui n'est pas encore un parti fasciste au sens strict du terme, mais qui le deviendra pendant l'Occupation. Rallié prudemment à la Collaboration tant qu'a subsisté l'hypothèque du pacte germano-soviétique, Doriot ne brûlera vraiment ses vaisseaux qu'en juin 1941, lorsque les divisions allemandes se lanceront à l'assaut de l'URSS. Il réclame alors la création d'une Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LUF) et, de tous les dirigeants des grands partis collaborationnistes, il sera le seul à combattre sur le front de l'Est, à plusieurs reprises. Alors que les Allemands se méfient de lui, il affiche désormais sa volonté de faire du PPF "un parti fasciste et totalitaire" (novembre 1942) et finit par trouver auprès des SS le soutien que lui a refusé Otto Abetz sur instruction de Hitler. Il trouvera la mort en Allemagne, le 22 février 1945, mitraillé sans doute au hasard par des avions alliés. Ainsi disparaissait l'une des figures les plus énigmatiques de l'histoire politique française du XXe siècle. Ce "Qui suis-je?" Doriot retrace le destin singulier d'un personnage dont pierre Pucheu, qui ne l'aimait guère, a pu écrire: "A vrai dire, je n'ai pas connu dans notre génération d'homme ayant reçu à tel point du ciel des qualités d'homme d'Etat."