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Il était une fois, aujourd'hui, dans notre pays : « Il y eut ce printemps-là une série de crimes particuliers. Ceux qui les commettaient étaient des exploités de toutes sortes, employés, salariés, ouvriers agricoles, domestiques, misérables divers, et ceux qui étaient assassinés étaient des patrons, des gens pour qui il n'y a qu'à... étudier, faire un effort, traverser la rue, etc. » Ce petit livre est issu d'un mouvement de colère et d'indignation. Et d'un constat : le monde marche sur la tête. Il y a un mensonge sur l'origine de la violence. La violence vient d'abord d'en haut, pas d'en bas. De ceux qui possèdent le pouvoir, l'argent, l'éducation, etc., et qui se comportent comme des privilégiés. Elle ne vient pas des opprimés, des exploités, qui cherchent à défendre ou à élargir de maigres acquis en usant de moyens parfai- tement légaux et inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen, comme le droit de manifester.C'est drôle, inquiétant et cruel. C'est une farce sanglante qui rappelle certains textes de Voltaire ou de Dos- toïevski. Leslie Kaplan propose avec Désordre un bref conte féroce, moderne et d'actualité. La fable et la fiction deviennent des armes redoutables pour dénoncer la violence du réel. Ici, la littérature piège les mots du pouvoir, en les prenant au mot, tout simplement, pour faire apparaître l'absurdité du monde dans lequel nous vivons. On pense avec trouble à notre situation sociale agitée, à la révolte des Gilets jaunes. On peut ainsi prendre au pied de la lettre l'accusation de violence faite aux exploités, aux opprimés. L'effet produit est comique : un rire de sou- lagement. Autre chose serait donc possible ?