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Ferdinand Ries, l'élève prodige de Beethoven, n'a jamais été totalement oublié, mais ce n'est que récemment que cpo et Hermann Max se sont consacrés avec succès à la redécouverte de ce brillant compositeur classique et romantique. Son oratorio Der Sieg des Glaubens (Le Triomphe de la Foi), présenté ici pour la première fois depuis 1829, célèbre le triomphe des « croyants au coeur pur ». Ries composa cette oeuvre en réponse à une commande pour le Festival de musique du Bas-Rhin à Aix-la-Chapelle en 1829. Johann Baptist Rousseau (1807-1867), homme de lettres estimé en Rhénanie (à ne pas confondre avec le poète français du même nom), s'est totalement affranchi d'une intrigue continue dans cette oeuvre, préférant développer un discours philosophique sur la puissance de la foi et la grâce divine. Les personnages semblent dépersonnalisés ; ils ne se distinguent essentiellement que par leur appartenance au groupe des croyants ou à celui des incroyants. Ries met en valeur cet aspect dans sa mise en musique grâce à de nombreux numéros choraux et d'ensemble impressionnants, et divise à plusieurs reprises le Choeur des Croyants en un choeur de femmes et un choeur d'hommes. Les arias reposent moins sur la virtuosité que sur une interprétation intense du texte, épousant l'inflexion verbale. Il en va de même pour les numéros choraux, souvent rehaussés d'une partie orchestrale très efficace et harmoniquement attrayante. La première à Aix-la-Chapelle fut un succès retentissant pour Ferdinand Ries, qui écrivit peu après « avec une immense joie » à son frère Joseph à Londres : « Mon oratorio a été accueilli de telle manière que toute la salle en a tremblé - c'est l'oeuvre la plus grandiose et la plus marquante que j'aie écrite, mais je n'aurais jamais pu imaginer un tel accueil ; l'enthousiasme était général et une véritable liesse régnait partout. »