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Dans cette suite de poèmes écrite au cours de ces dix dernières années, Frédéric Wandelère porte comme dans ses ouvrages précédents (Leçons de simplicité, La compagnie capricieuse, parus aux éditions La Dogana), le même regard attentif sur les êtres et les choses les plus humbles. Mais la mort s'invite désormais à la réflexion. La mort, et cet étrange voisin, le sommeil avec ses troubles contrées où se fabriquent et se dissolvent les vers. Vocabulaire et descriptions demeurent toujours fidèlement acquis aux proches passants, et aux divers accidents du jour. Petits événements à la taille d'une fillette observant une fourmi, bruits de la pluie ou éclats des fêtards dans la nuit, ailes de mouches ou pattes d'araignées... On chercherait en vain dans ces poèmes de nobles ambassades et de doctes cérémonies, mises à part celles que tiennent les oiseaux dans le feuillage... Mais ces infimes manifestations font écho, avec discrétion - et pourrait-il en être autrement compte tenu de la place du poète dans notre société actuelle - aux guerres qui ébranlent un peu partout la planète, aux disparitions et exclusions qui touchent les désoeuvrés, les marginaux et tous ceux dont on entend si peu la voix. Ce qui ne change pas, en revanche, c'est la petite musique du vers toujours présente sans en avoir l'air, et si habilement dissimulée dans une prosodie qui s'accorde pleinement avec son sujet.