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Qu'est-ce donc qu'être «?chez soi?» ? Dans un monde de circulations, une Europe traversée par les questions identitaires, l'appartenance à son lieu d'origine a-t-elle encore un sens ? C'est cette interrogation qui a conduit Cédric Gerbehaye, photographe habitué aux zones lointaines de conflit, Congo, Proche-Orient ou Soudan du Sud, à revenir chez lui, en Belgique. Il y montre un pays secoué par les crises politiques et économiques, mais profondément vivant, loin des interprétations sommaires et de la «?belgitude?» auxquelles on le réduit trop souvent.Cédric Gerbehaye ne photographie pas la Belgique, il photographie en Belgique. Il regarde ses compatriotes, voit leurs inquiétudes et parfois même leur désespoir, mais il perçoit aussi la tendresse et le réconfort. Il capte des temps instables, points de bascule entre ce qui s'est perdu et l'incertitude de ce qui va advenir. Il raconte le monde du travail - ou plutôt la fin d'un monde -, la manière joyeuse dont les Belges sont attachés aux fêtes et aux rites, comment ils aiment, luttent, attendent, et développent au quotidien des stratégies de survie solidaires. Il use d'une écriture photographique de proximité et s'intègre lui-même dans la communauté, il est l'un des leurs, «?d'entre eux?».L'écrivaine Caroline Lamarche est l'auteure d'un texte qui introduit le livre. L'essayiste et poète néerlandais Benno Barnard et le journaliste Olivier Mouton complètent cette approche photographique en adressant chacun une lettre ouverte au photographe.