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Iustus Lipsius - Joost Lips, en français Juste Lipse - est né en 1547 dans le duché de Brabant (alors Pays-Bas espagnols) et mort à Louvain en 1606. Après des études chez les jésuites de Cologne, il enseigna dans les universités d'Iéna, Leyde et Louvain. Il s'efforça sa vie durant de promouvoir un stoïcisme chrétien renouvelé du stoïcisme ancien. Séduit un temps par le luthérianisme, il fit publiquement acte d'adhésion à la religion catholique en 1591 et devint historiographe de Philippe II d'Espagne. Si son nom n'est pas aujourd'hui aussi connu que celui d'Érasme, il partagea de son vivant une égale notoriété avec le philosophe de Rotterdam.Sous le titre Crucifixions, nous publions son De Cruce - édité en 1593 - qui est un traité sur le supplice de la croix en général, considéré comme la somme la plus complète sur cette pratique de mise à mort, envisagée sur les plans politique, judiciaire et religieux.On y apprend quels peuples ont pratiqué ce supplice au cours des siècles, à qui il était réservé, et quels « citoyens » ne pouvaient y être soumis. Si l'auteur réserve une large place à la crucifixion la plus célèbre, celle du Christ, il ne l'envisage pas seulement par son côté religieux, mais surtout par ses aspects profane et, surtout, « pratique », avec nombre de précisions (qui font froid dans le dos) : le condamné était-il attaché ? Était-il cloué ? Quel était le type de la croix (en X, en T, etc.) ? Comment la mort intervenait-elle ? Quel était le « degré » de souffrance du supplicié et la durée de son agonie ? Quelles furent les crucifixions qui supplicièrent le plus grand nombre de condamnés (comme lors de la répression de la révolte de Spartacus : environ six mille esclaves le long de la via Appia !) La traduction - très « moderne » - du De Cruce est de François Rosso, à qui l'on doit de nombreuses (et parmi les meilleures) traductions de la collection «Retour aux grands textes».