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Ce sont les retrouvailles un peu difficiles et embarrassantes du narrateur, Pierre Bertelott, avec un vieux copain de jeunesse (DaSouza) qui ouvrent ce nouveau roman, dernier tome d'une série de douze livres, nommée Les Douze couleurs du spectre. À la toute fin du livre, le narrateur rentre dans sa chambre et, écrit-il : « Je m'y suis replié avec la perspective de ne plus rien chercher à comprendre pendant au moins huit ans. » Couleuvres est le récit d'une capitulation dans un monde tenu pour peu enthousiasmant. Une capitulation souhaitée héroïque dans un livre où le paradis étant à portée de main, Bertelott s'interroge s'il fait bien de continuer à vouloir réellement rencontrer quelqu'un. Une capitulation, enfin, face au retour en force des impondérables de la psychologie : au cours du livre, Bertelott va revoir des amis, en perdre, rencontrer un ennemi de longue date, et, in extremis, se demander ce qu'on peut attendre de collectif quand c'est la honte, la lassitude, et la peur qui continuent intérieurement de régir quelqu'un. Alors qu'on voudrait que le signe que l'humanité progresse soit à chercher dans l'enthousiasme des populations. L'ultime roman de ce cycle sur la vanité de l'existence humaine, sociale, est aussi une formidable méditation contemporaine, désabusée, sur les sujets que nous sommes, déchirés entre notre désir de « faire revivre le passé pour en modifier le sens » et la dissipation même du moindre de nos désirs.