Michel PORTAL. MUSIQUES DE CINÉMAS DÉJOUÉES AVEC DES AMIS JAZZMEN. Richard Galliano, Paolo Fresu, Juan Jose Mosalini, Andy Emler, Ralph Towner, Mino Cinelu. Un caméléon. Un monstre. Le seul point commun de toutes les expériences musicales et sonores que Michel Portal a menées, c'est peut-être l'improvisation, et son exigence : se mettre continuellement en danger, se jeter au-dehors. Même ses musiques de film et ses interprétations de musique classique témoignent de cette urgence BIOGRAPHIE D'UN GÉANT DE LA MUSIQUE EUROPÉENNE.Pour s'être trouvé à la confluence de plusieurs sphères du champ musical, Michel Portal est probablement l'un des musiciens qui, en Europe, a interrogé et surtout vécu les questionnements esthétiques qui ont travaillé la musique dans la seconde moitié du XXe siècle, tant dans ses remises en question des catégories traditionnelles (soliste, interprète, compositeur) que dans ses pratiques instrumentales. Clarinettiste d'exception, reconnu pour ses interprétations de Brahms et de Mozart, il s'est intéressé conjointement à la musique contemporaine, participant à la création de nombreuses pièces (Boulez et Berio ont fait appel à sa virtuosité imaginative), et à l'improvisation telle que l'arrivée du free jazz en France au milieu des années 1960 permettait de l'envisager nouvellement. Il a tiré de cette polyvalence exceptionnelle un art d improvisateur, contribuant à l'invention d'un free jazz européen, qui est d'abord, pour lui, une manière d'envisager la musique en dehors de toute catégorie de style et de l'embrasser comme une totalité vécue dans le moment du jeu. Natif du pays basque, Michel Portal a eu pour grand-père un chef de fanfare et, enfant, il assiste à de nombreuses fêtes traditionnelles, animées par des orchestres folkloriques, dans lesquelles il situe l'origine de sa fascination pour la clarinette. Il commence à pratiquer l'instrument dans ce contexte, découvre le jazz au travers d'elle (en écoutant notamment Jimmy Noone, Jimmy Giuffre, Barney Bigard...) et entame une formation qui le mène jusqu' au Conservatoire de Paris (premier prix en 1959) et l'obtention de récompenses (concours de Genève en 1963, de Budapest en 1965) qui saluent de manière univoque ses talents d instrumentiste soliste. Parallèlement à cette formation académique, Michel Portal fait le métier, parcourant les différents champs de la musique populaire : de la variété (Benny Bennett, Aimé Barelli), du cabaret, des bals (il fait une tournée avec Perez Prado en Espagne), de la chanson (Barbara, Nougaro)... jusqu' au jazz où il est d'abord sollicité en studio pour sa polyvalence instrumentale par plusieurs arrangeurs (Pierre Michelot, André Hodeir, Ivan Jullien, Jef Gilson...). A la clarinette, il a en effet ajouté le saxophone alto (dont il joue d'abord dans l'esprit de Paul Desmond), le ténor, le soprano, et a élargi sa pratique à toute la famille des clarinettes, notamment la clarinette basse sous l'influence directe d Eric Dolphy.Un caméléon. Un monstre. Le seul point commun de toutes les expériences musicales et sonores que Michel Portal a menées, c'est peut-être l'improvisation, et son exigence : se mettre continuellement en danger, se jeter au-dehors. Même ses musiques de film et ses interprétations de musique classique témoignent de cette urgence.
Pays d'Origine : INCONNU