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Avant d'être le titre de ce recueil, Charleston 1974 est le titre d'une magnifique photographie de l'américain John McWilliams. C'est une image qui a longuement hanté Hélène Frédérick jusqu'à faire naître cette série de poèmes troublants qui ouvrent sur tout un monde d'échos, qui va de l'enfance de l'autrice à notre propre regard fasciné par le mystère immortalisé par cette image. « Sur le terrain de balle molle, personne. Installées devant rien, dans les gradins, le monde d'en bas aimantait nos jambes ouvertes. Les noyaux de cerise crachés le plus loin possible, je les vois dans Charleston. » Il arrive qu'une image nous transporte dans un monde qu'on croyait oublié. Lieu de métamorphose, le corps du passé devient paysage à déchiffrer, à condition de se pencher sur lui longuement. On peut lui tendre les yeux comme on tend une oreille à l'écoute d'un secret : il se met alors à parler. « Sur le terrain de balle molle, personne. Installées devant rien, dans les gradins, le monde d'en bas aimantait nos jambes ouvertes. Les noyaux de cerise crachés le plus loin possible, je les vois dans Charleston. » Il arrive qu'une image nous transporte dans un monde qu'on croyait oublié. Lieu de métamorphose, le corps du passé devient paysage à déchiffrer, à condition de se pencher sur lui longuement. On peut lui tendre les yeux comme on tend une oreille à l'écoute d'un secret : il se met alors à parler.