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Jacques Grévin (1538-1570), médecin et poète français né à Clermont-en-Beauvaisis dans le département actuel de l'Oise, est surtout célèbre pour son oeuvre théâtrale. Il fut, à la suite immédiate d'Étienne Jodelle et de Théodore de Bèze, l'un des premiers tragédiens de langue française. Son César, de 1561, ici présenté dans une édition érudite, savamment commentée, est considéré comme la meilleure pièce de Grévin. Le lecteur sera non seulement frappé par la rigueur de la composition (la cohérence de la versification est remarquable), mais aussi par la vigueur, l'élan d'un style qui, dans ses périodes déclamatoires les plus réussies, annonce Racine ou Corneille. On trouvera ici, à la suite du César, la pièce Julius Caesar, écrite en latin par Marc-Antoine Muret, qui fut le précepteur de Grévin. On s'en doute, les comparaisons entre les deux oeuvres n'ont pas manqué, souvent dans l'intention maligne de rabaisser Grévin au rang de plagiaire. Jeffrey Foster, qui a très minutieusement analysé les textes, conclut qu'en réalité Grévin s'est surtout inspiré de la composition de Muret, se singularisant tout à fait dans les autres registres. L'honnêteté de Grévin s'en trouve confortée, lui qui écrit dans un "brief discours" préliminaire: "là ou [les deux tragédies] seront confrontées, on trouvera la vérité. Je ne veux pourtant nier que s'il se trouve quelque traict digne d'estre loué, qu'il ne soit de Muret, lequel a esté mon precepteur quelque temps es lettres humaines, et auquel je donne le meilleur, comme l'ayant appris de luy."