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Dans Bouvard et Pécuchet (1881), roman inachevé publié à titre posthume, Gustave Flaubert campe l'histoire d'un duo parmi les plus truculents de la littérature. Deux compères frénétiques, voulant tout expérimenter, grapillent des bribes de savoir au fil de leurs lectures sans jamais rien comprendre convenablement, incapables finalement de parvenir à quoi que ce soit.Tourmentés d'introspection, ils reviennent, décidés cette fois à «vivre pépère». Pour cela ils entament un grand ménage parmi les débris de savoir glanés et, pour redorer leur blason, se lancent un nouveau défi : écrire la fin du livre qui ternit leur image. Se doutent-ils seulement que ces pages, dont ils se croient une nouvelle fois les héros, dissimulent un nouveau tortionnaire ? Ce nouvel auteur, penché sur leur figure, manie à son tour les bribes de choses lues (Joyce, Proust, Cingria, Balzac, Borges...) que sa mémoire - ce buvard pelucheux - a bien voulu accrocher au passage. La littérature, prise au piège, se retourne sur elle-même : le style n'est-il jamais spontané ?