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Ces poèmes satiriques se situent au point d'intersection des deux activités de Dagerman : la littérature et le journalisme. Il y traite en effet de l'actualité en poète et en anarchiste convaincu. Le journaliste a d'ailleurs survécu en lui à l'écrivain, une fois survenue la crampe qui l'a paralysé et cette crainte de nuire à son nom dont il parle dans Notre besoin de consolation.Le dernier de ces billets ("Attention au chien") est paru le lendemain de sa mort en 1954 dans Arbetaren, le journal anarcho-syndicaliste dans lequel il avait fait ses débuts et auquel il est resté fidèle toute sa vie et qui, par une de ces facéties de l'histoire, était le seul endroit de Stockholm où l'on n'était pas encore informé de son décès.Le titre de ces billets (Dagsedlar) est un chef-d'oeuvre : il veut en effet dire, littéralement, billets quotidiens ; mais il n'est pas exclu d'y lire billets de Dag(erman) ni d'y voir une allusion à peine déguisée à l'expression populaire suédoise "donner un coup sur la gueule à quelqu'un". Jusque après son dernier souffle, Dagerman aura ainsi poussé ses "coups de gueule" et tapé sur toutes les formes de la bêtise humaine. Cela devrait suffire à faire de lui le perpétuel contemporain de tous les humains.