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Avant la grande rétrospective qui lui sera consacrée au Centre Pompidou fin 2012, Bertrand Lavier - figure emblématique de la scène artistique - au sommet de son art, s'empare d'une salle du musée de Saint-Etienne pour une installation inédite. Composition en quatre couleurs, 225 m² de moquette. Un dessin et quatre couleurs, jaune, bleu, blanc, rouge. Un motif familier.Difficile à identifier lorsqu'on déambule autour de la pièce. La moquette est posée à 40 cm du sol, sur un socle, et notre vision en est parcellaire, affleurante.Bertrand Lavier poursuit son travail de déviation. Recadrer un motif, transformer sa matière, en modifier les couleurs : le terrain de basket devient un tableau abstrait monumental, ou bien une sculpture plate, un objet non identifié dans tous les cas, qui s'élève ainsi à la catégorie de l'oeuvre d'art. Son oeuvre se consacre à chaque fois à introduire un dysfonctionnement dans notre perception de la réalité. Le regardeur doute de ce qui lui est offert à contempler.Quel mécanisme du regard doit-il déclencher : contemplation esthétique ? regard auto-réflexif sur les caractéristiques de l'oeuvre d'art ? pensée critique sur l'art contemporain, sur l'art conceptuel, sur les ready-made ?Regard amusé sur le jeu des catégories et sur l'impact de l'image et des objets de consommation, sur le loisir et la culture ?Peu importe finalement, l'oeuvre de Bertrand Lavier déclenche une multitude de pistes, toutes à explorer, elle constitue un stimulus à la pensée et au regard.Cette publication évoque cette création entièrement nouvelle, interrogeant le statut de l'oeuvre d'art. « Mon luxe est de faire croire que je ne fais rien. » (Bertrand Lavier).