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«Il a un bon fond pourtant, ce Rojo. Mais il n'y en a pas deux pour foudroyer comme lui, d'un trait de plume, le plus petit travers de ses semblables et plus particulièrement ceux de ses frères journalistes. Principale tête de turc : Peter Arnett, le reporter de CNN. Car contrairement à ce qu'il s'est ingénié à laisser croire, Arnett n'était pas le seul journaliste occidental resté à Bagdad quand le déluge de feu s'est déclenché le 17 janvier 1991. D'un côté, le représentant opulent d'un grand network américain. De l'autre, le reporter fauché et débrouillard du journal espagnol El Mundo.» Marcel Trillat, l'un des envoyés spéciaux d'Antenne 2 en Arabie Saoudite, de l'autre côté du front, a apprécié le livre d'Alfonso Rojo, resté sans interruption dans la capitale irakienne durant les cinquante-cinq jours de la guerre du Golfe. Récit d'un huis clos dans le microcosme de l'hôtel Rachid, où viennent échouer diplomates soviétiques et cubains, pacifistes égarés, journalistes concurrents, dignitaires et censeurs, son journal de guerre décrit avec ironie ces vies de naufragés confrontés au rationnement et aux bombardements, nouant des liens insolites dans un lieu fantomatique. Ce témoignage unique est aussi une réflexion sur la guerre et ses manipulations. «Rojo, écrit encore Trillat dans sa préface, n'a jamais oublié cette vérité élémentaire : s'il est une attitude franchement incompatible avec l'exercice de notre profession, c'est bien le garde-à-vous.»