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Victor Meignan n'est pas un homme sympathique. Partisan de l'esclavage à Cuba, adversaire du suffrage universel dans les îles françaises, ce voyageur et écrivain de métier porte sur les pays qu'il visite un regard condescendant, imprégné des théories racistes de son temps. On aurait tort, pourtant, de le négliger. Il se révèle, en effet, attentif, à Cuba comme en Haïti, à la géopolitique de son temps et bâtit, pour la Martinique et la Guadeloupe, un projet politique utopique destiné à contrer une évolution qui lui paraît mener à l'indépendance. Son livre illustre les débuts de la nouvelle culture coloniale, associant racisme « scientifique » et nationalisme, dont les racines s'avèreront profondes. À propos de la Martinique et de la Guadeloupe, Meignan écrit : « Puissent mes faibles efforts, en faisant seulement soupçonner à mes lecteurs mon enthousiasme, réveiller aussi en eux quelque ardeur pour rendre à ces deux colonies la prospérité dont elles sont dignes et les placer à la tête de l'archipel des Antilles, comme deux phares étincelants représentant, en même temps que le travail libre et le progrès, l'ordre, la soumission à la métropole et le patriotisme français. »