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En 1923, Albert Londres (1884-1932) effectue un reportage sur le bagne de Guyane pour le journal Le Petit Parisien. 7000 condamnés, surveillés par 600 fonctionnaires de l'Administration pénitentiaire, vivent à Saint-Laurent-du-Maroni, sur les îles du Salut et dans différents camps. Albert Londres brosse un tableau effrayant des conditions de vie des bagnards et présente le bagne comme une machine à broyer les hommes. Il dénonce la misère et l'injustice dont ils sont les victimes. En peignant des êtres humains se débattant pour leur survie, Londres introduit la littérature dans le reportage. Son enquête s'achève par une lettre ouverte au ministre des Colonies, dont le retentissement contribuera à une prise de conscience dans l'opinion publique. Aujourd'hui, Albert Londres serait considéré comme un «lanceur d'alerte». Les articles publiés dans Le Petit Parisien, du 8 août 1923 au 6 septembre 1923, seront ensuite rassemblés en un livre intitulé Au bagne, qui vaudra à Albert Londres une notoriété nationale. La présente édition restitue certaines des photos et des caricatures qui accompagnaient les articles originaux publiés en 1923.