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Artus de Bretagne est l'un des derniers romans arthuriens à n'avoir pas connu d'édition moderne. Vraisemblablement composé au tournant des XIIIe et XIVe siècles par un clerc de la cour de Bretagne, ce roman en prose raconte les aventures d'Artus, descendant de Lancelot et fils du duc de Bretagne, qui finit par épouser Florence, fille d'Emenidus, un roi oriental, avec l'aide d'une fée, Proserpine, et d'un clerc, Estienne. Le texte est édité à partir du manuscrit BnF fr. 761, qui donne la version la plus ancienne de ce roman, qui s'est construit par adjonction de continuations et remaniements de sa fin. Cette fiction a des résonances arthuriennes, évoque la matière d'Alexandre et, dans sa première continuation en particulier, reprend de nombreux éléments aux chansons de geste. Elle narrativise le traditionnel débat du clerc et du chevalier, en installant à côté du héros chevaleresque, Artus, une figure de clerc très originale, Estienne. Elle met en scène un surnaturel et une féerie profanes, qui renouvellent considérablement le merveilleux romanesque et qui laissent deviner une rêverie politique.