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Quel usage le lecteur d'aujourd'hui et notamment l'architecte peuvent-ils faire à présent des traités d'architecture dont la lignée fut en Occident inaugurée par le De re aedificatoria ? Ces textes présentent-ils pour eux une valeur autre que de curiosité ? Pour ceux qui construisent notre milieu bâti, tout a désormais changé ; les matériaux, les techniques, les clients, les programmes et bien sûr, les mentalités. Cependant, le cas du De re aedificatoria reste tout à fait singulier. Ce traité concerne aujourd'hui directement tout praticien du milieu bâti, notamment parce que Alberti a été le premier penseur occidental à s'interroger sur les fondements de l'architecture. Cela ne veut pas dire que le texte d'Alberti soit dépourvu de ocnsidération, périmée ou même étrange : certaines de ses recettes nous font sourire, certains de ses « programmes » nenous concernent plus, tels ceux de la villa patriarcale ou de la prison. Mais il n'en reste pas moins un observatoire priviligié d'où éclairer, étudier et reformuler les interrogations les plus actuelles des architectes.En rappelant à l'architecte la dignité de sa vocation, et en le rappelant aussi à la présence du monde concret, du monde vivant, le traité d'Alberti lui rend les moyens d'inventer les nouvelles formes spatiales de la proximité et de la socialité. Plus précisément le De re peut être considéré comme une des clés susceptibles de rouvrir à l'architecte d'aujourd'hui les chemins perdus de la contextualisation et de l'articulation, et de rendre ainsi sa place régalienne à cet habitacle premier : le corps humain.