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Que la ville de Ferrare ait construit le regard d'Antonioni est une hypothèse plausible, mais comment prouver l'intuition ? L'auteur choisit le modèle de la fiction documentaire pour tenter une réponse. On lit d'abord une promenade solitaire dans la ville. Il n'y est question ni de cinéma , ni d'Antonioni. Puis une conversation s'engage, avec un personnage rencontré par hasard, spécialiste d'Antonioni. C'est lui qui va quasiment monopoliser la parole, sous le prétexte de vérifier ses hypothèses avant de les présenter en colloque. Deux soirées, deux repas, deux longs monologues plus tard, les lignes ont bougé. Le récit se termine par une nouvelle balade solitaire, en direction de la mer cette fois. En parallèle, un travail photographique « illustre » les propos, mais pas seulement. Il s'agit aussi d'un regard particulier sur Ferrare. Et là encore, la ville finit par dicter sa loi : certaines photos s'imposent comme résolument antonioniennes.