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Ce numéro est une invitation à reconsidérer le corps humain comme une fabrique animale, mais aussi envisager l'animal comme une construction de l'esprit humain, revoir notre propre positionnement à l'égard des animaux. Invitation enfin, à « revisiter » la définition classique de l'humain comme « l'autre de l'animal ».Qui s'intéresse à l'animalité rencontre la multiplicité. Si le titre Animalités porte la marque du pluriel, c'est pour rendre compte de la diversité des acceptions et des conceptions rassemblées en ce numéro. Habituellement attribuée à la bête, l'animalité est tantôt récusée, tantôt acceptée par l'homme. C'est pourquoi le champ d'investigation initial choisi a été celui des productions plastiques. Or un examen de la genèse des arts conduit à s'interroger sur ce que met en jeu la relation homme/animal (il suffit de songer aux décors pariétaux de la peinture préhistorique). Aujourd'hui, des pratiques comme la performance (avec l'animal partenaire) et l'installation (avec l'animal objet) modifient les représentations classiques et véhiculent d'autres enjeux. Malgré tout, l'animalité figurative résiste bien à la déconstruction et à la subversion. Ce constat nous conduit à examiner la question à partir de plusieurs disciplines, en associant textes théoriques et images produits par la culture occidentale.Il a paru intéressant d'inverser l'orientation dominante de la journée d'étude que Françoise Armengaud et Pascale Dubus ont organisée le 27 janvier 2001 au Muséum national d'histoire naturelle : il s'agit d'aller de l'humain à l'animal pour rassembler les réflexions comparatistes et ancrer la problématisation esthétique dans l'Histoire. La dernière partie est celle des Animaleries où la place de l'artiste et de l'animal sont interchangeables.Les textes réunis méditent sur la portée de la représentation de l'animal comme entité spirituelle humaine et de la figure humaine comme une fabrique animale « supérieur ». Autrement dit, que nous reste-t-il de l'animal et quels enseignements pouvons-nous en tirer dans notre être au monde ?