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Ceux qui se souviennent du magnifique quintette de Pentacle (2002), avec deux trompettes (Michel Marre et Jean-Luc Cappozzo) retrouveront ici le plaisir d'entendre la musique de Sophia Domancich quand des « souffleurs » s'en emparent. J'irai jusqu'à dire que l'écriture de la pianiste pour petite formation comble l'espace non occupé en France par ce jazz à la fois très avancé et en même temps fortement structuré qui a existé en Grande Bretagne, avec comme musiciens emblématiques Tubby Hayes, Dizzy Reece, et bien sûr Joe Harriott (cf l'indispensable petit coffret de dix CD European Jazz, New Sounds From The Old Continent Membran). Ajoutez à cela le plaisir d'une production qui associe Gérard Terronès (qui nous a, hélas, quittés le 16 mars) et toute l'équipe de la Dynamo de Pantin, la perfection du drumming de Nasheet Waits, la précision attentive d'Hélène Labarrière, les audaces maîtrisées de Géraldine Laurent, et l'incroyable vivacité d'un Ray Anderson pleinement lui-même, et vous comprendrez qu'en matière d'élection, je n'hésite pas. Il y a dans cette musique de l'emportement, du suspens, de la tendresse, en quelque sorte oui, de l'évidence. Qu'elle soit celle d'Alice (Lewis Carroll) ne fait que confirmer mon allusion à celle qu'on dit perfide : Albion.