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Aiol, chanson de geste conservée par un seul témoin, constitue, avec Elie de Saint-Gilles qui la précède dans le manuscrit, la « Geste de Saint-Gilles ». Mêlant les exploits chevaleresques au comique parfois le plus cru, le poème relate les aventures du héros éponyme, célèbre au Moyen Âge pour sa naïveté et sa pauvreté. Aiol part à la reconquête des biens et de l'honneur de son père Elie, calomnié par le traître Makaire et exilé par l'empereur Louis. Ses périples le conduiront à travers la France, en Espagne, et même au-delà de Venise : il deviendra un redresseur de torts et un pourfendeur de brigands, affirmera sa valeur morale et gagnera une épouse, la belle Mirabel. Avec ses 11 000 vers, cette chanson enchaîne, sur un rythme soutenu, les épisodes les plus variés et propose un tableau assez complet de la thématique épique à la charnière des XIIe et XIIIe siècles. La copie picardisante du texte associe alexandrins et décasyllabes d'une coupe très rare (6/4).