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Ce projet est né d'un désir, d'une idée, mais surtout d'une force vitale naturelle et implacable... « De Père en Fils », titre provisoire initial, est devenu naturellement « Ainsi de Suites », au gré de l'écriture, des arrangements de mélodies puisées dans les trésors qui sommeillent sans cesse dans le répertoire de Pascal, et des idées et envies de nouvelles notes partagées par le père et le fils. Pour Pascal, le point de départ était pour le moins discutable et quelque peu contraignant, car cette aventure palpitante s'aventure en territoire inconnu. Chanteur incomparable (il se fait appeler « Aubersong » pour éviter d'être réduit à la simple étiquette de « chanteur »), Auberson confie ici sa voix à son fils ! De fait, le saxophoniste César devient le porte-parole, l'interprète littéral et lyrique du duo, d'où il exprime toutes les nuances mélodiques, tandis que le percussionniste-pianiste Pascal y apporte son plaisir d'écoute, leur complicité et son énergie rythmique galvanisante. Les rôles ainsi répartis, la musique peut déployer ses fils et dévoiler un univers résolument imaginé par les deux instrumentistes qui ne cessent de se surprendre mutuellement, malgré leur complicité innée et leur connaissance viscérale de la personnalité de l'autre. Cela dit, César a certainement dû lutter contre l'influence tutélaire de ce monstre musical qu'est son père, et Pascal s'adapter aux choix mélodiques novateurs et personnels de son fils César, un fils extrêmement doué, dans une sorte de compromis d'influence et de respect qui a rendu ce projet aussi passionné qu'exaltant. Sans parler de l'évidence : les chansons d'Auberson, jouées et chantées par le saxophone de Decker, acquièrent une grandeur et une majesté indéniables, nullement amoindries par l'absence de paroles, au point même que certaines de ces « chansons » deviennent de véritables « compositions » qui mériteraient tout autant de devenir des « standards » ! À l'image du final, « Scène Noire », interprété devant un public littéralement bouleversé, dont la ferveur avait manifestement fait un aller-retour émotionnel des spectateurs à la scène.