Formés par Lucas Trouble (The Gitanes/Vietnam Veterans, The Mediums) ,T.B Nozeet Phil Robin Clerc (The Buckaroos), lescavaliers fantômes, comme issus d'unbrouillard électrique, nous entraînent àtravers les hautes plaines de l'ouest hantées par les âmes solitaires de confédérésjusticiers, indiens zombies et cow-boys damnés en quête de Rédemption.Leur country obscure aux hymnes ténébreux et résonances crépusculaires souffl een volutes psychédéliques sur les vallées oubliées, sierras torrides et autres collinestorturées. Des titres étranges et souvent désenchantés avec des ambiances defi lms perdus d'où s'échappent des chants glorieux et lointains psalmodiés par desspectres. Une musique de Western en lambeaux enfouie dans nos mémoires etsurgie d'anciens cimetières et marécages oubliés.Voilà la country gothique des Mystic Ryders !442ème rue / N° 83Pour ce qui est des Mystic Ryders From Spectral South, ce sont 2 membres des Buckaroos,le guitariste T.B. Noze et le batteur Phil Robin Clerc, que le Kaiser a=2 0débauchés pour lesembarquer dans un voyage sans but réel à travers une Amérique décharnée et désincarnée,peuplée de zombies, de goules et autres fantômes, tous à la recherche d'un pan de leur proprehistoire, écrite à coups de flingues, haranguée à coup de gnôle, et déclamée à coups de pelvisépileptiques. Le far-west revu et corrigé par les Mystic Ryders est celui des raiders de Quantrill, desrégulateurs de Billy The Kid, des pilleurs de trains de la bande James-Younger, des profanateurs debanques des frères Dalton. Sauf que tout ce petit monde est désormais revenu d'entre les morts,et qu'il n'est pas content. Mais alors pas content du tout, et qu'il veut faire payer très cher sonpassage dans les terres désolées d'un enfer encore plus glauque que ce qu'on nous en dit. Lacountry des Mystic Riders a des relents de putréfaction et une sale odeur de terre humide, desémanations de poussière d'ossements et des fragrances de bois pourri. Non, un cadavre, fût-ilanimé des pires intentions, ça ne sent pas bon du tout. Et quand ça s'est mis en tête de dessoudertout ce qui bouge, vaut mieux faire le mort d'abord, et chercher à comprendre ensuite... si on en aencore les moyens... Ouaip, les Mystic Ryders revisitent la country la plus pugnace, avec quelquesaccents bluegrass dégénérés («Spectral w hite house») et quelques cow-boy songs cannibales pourfaire bonne mesure («Posada's pictures»). Et si le whisky ne coule plus à flot, le sang, lui, se répanden un inépuisable Styx intemporel. Ne nous y trompons pas, le far-west des Mystic Ryders estle vrai, l'authentique, celui du sud-ouest, du Sonora, désertique et jalonné de cactus, fiévreux etpoussiéreux, granitique et rougeoyant, avec ses crotales, ses tarentules et ses scorpions, avec sesarroyos desséchés et ses tumbleweeds annonciateurs de mauvaises nouvelles. Ici, la prochainepluie ne sera pas d'eau, mais de plomb. Du plomb trempé dans les mânes des âmes damnées pourl'éternité et torturées sans rémission. Ah que l'on aime ces disques malsains et obsédés, perverset lobotomisés, exsangues et incontrôlables...
Pays d'Origine : INCONNU