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Le 15 août 1815, le maire de Briançon réunit en urgence à l'hôtel de ville les hommes les plus importants de la communauté civile briançonnaise. Ils doivent décider si leur ville, qui est une place forte frontalière nantie d'un important matériel militaire, doit ouvrir ses portes aux armées étrangères d'occupation. La population civile est prise dans un double jeu qui se joue à deux niveaux. Au niveau local, la réunion n'a pas encore débuté que les soldats français pénètrent tambour battant dans l'hôtel de ville. Les autorités militaires brandissent la menace d'une destruction totale de la ville si les portes sont ouvertes, tandis que les autorités civiles du département des Hautes-Alpes font craindre aux Briançonnais une invasion violente par les troupes étrangères s'ils n'ouvrent pas les portes de leur ville. Au niveau national, le pouvoir royal affirme tout haut que les troupes étrangères occupantes sont les amies et non les ennemies de la France, mais interdit tout bas la remise des places fortes aux armées étrangères. Durant les trois mois que va durer le blocus de Briançon, les habitants vont vivre une drôle de guerre sur laquelle les documents d'époque nous informent en détail. Quarante ans plus tard, la population civile organise une commémoration du blocus qui lui permet de réécrire l'histoire à son seul avantage. À chacune des entrées de la ville, une plaque est apposée avec l'inscription suivante : « 1815 / Les Briançonnais sans garnison soutiennent un blocus de trois mois et conservent la place / Le passé répond de l'avenir ». Mémoire du blocus de 1815, ces plaques existent toujours.Marie-Claude Revol est née le 9 juin 1955. Docteur en droit, elle est retraitée de la magistrature judiciaire. Aux Éditions Persée, elle a déjà publié Histoire politique et sociale de Briançon XVIIe -XVIIIe siècles et Dominique-François-Marie de Bastard d'Estang, un idéal de justice (1783-1844).