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Ce court traité est le dernier que Plotin ait écrit et représente, en quelque sorte, son " testament ". Il résume l'essentiel de son enseignement sur les questions morales et religieuses. En indiquant pourquoi il est nécessaire d'accepter l'Idée d'un Bien transcendant, Plotin rappelle d'abord sa filiation à Platon. En quelques pages, le philosophe réfute les objections qu'Aristote adresse à Platon au chapitre VI du livre I de l'" Éthique à Nicomaque " concernant l'Idée de Bien comme fin morale. Plotin utilise ici, au profit de sa propre analyse, l'argument de la théologie aristotélicienne du Premier Moteur immobile comme suprême désirable. Il montre ainsi que la vie de l'âme incarnée est tendue vers ce seul but : le Bien absolu. Il développe ensuite l'idée que l'âme est au plus près du Bien lorsqu'elle conforme sa vie à celle de l'Intelligence. Ainsi, même si la vie de l'âme incarnée est bonne et vertueuse, cela n'empêche nullement que la mort reste préférable, dans la mesure où la vie dans un corps est seulement bonne pour l'âme à hauteur de la vertu qu'elle pratique, alors que la mort, en séparant l'âme du corps, l'installe d'emblée dans une vie meilleure et plus conforme à sa vraie nature. La confrontation avec la mort est donc essentielle pour l'âme incarnée puisqu'elle lui permet de comprendre que la finalité de sa vie ici-bas est l'union avec le Bien. Par cette union, l'âme sait que la mort est une délivrance qui lui permettra de retrouver, libérée de ses attaches corporelles, l'origine absolue dont elle provient.