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Au milieu du XVIIe siècle, pendant la minorité de Louis XIV, le royaume de France a effectivement traversé une grande crise. Pendant cinq années, de 1648 à 1653, sur fond de disette et d'épidémies, l'opposition politique s'est déchaînée contre le gouvernement de la reine régente, Anne d'Autriche, et de son Premier ministre, le cardinal Mazarin. Réaction de la société française à l'édification de l'Etat moderne voulu par Louis XIII et Richelieu, magistrats, bourgeois de Paris, ecclésiastiques et gens du peuple se sont opposés à l'autorité royale. Des villes comme Bordeaux et des provinces entières comme la Provence, sont entrées en dissidence. Jusqu'à se transformer en une guerre civile dont la monarchie a réussi, non sans mal, à venir à bout.Michel Pernot analyse ces mouvements et dément l'idée longtemps soutenue et profondément ancrée dans l'esprit des français que la Fronde serait une révolution manquée, une sorte de préface ratée à 1789. Parce qu'il nous démontre que finalement elle a remué bien plus le passé qu'elle n'annonçait l'avenir et que l'échec cuisant de ce mouvement était la conséquence logique de la vacuité de ses objectifs et la légèreté de ses dirigeants.