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Cette série qui immortalise les rites millénaires des moines bouddhistes, la vie quotidienne empreinte de spiritualité, dans un paysage grandiose entre ciel et terre, occupe une place à part dans l'oeuvre de Gao Bo. Exposition du 8 février au 9 avril 2017 à la Maison européenne de la photographie, Paris et du 6 février au 20 avril à la Maison de la Chine, Paris.Plus proche d'une pratique photographique traditionnelle que des installations monumentales auxquelles il s'est consacré ces dernières années, on y retrouve pourtant la même volonté d'expérimentation, le même désir de revenir sur les premiers clichés pour en extraire la vérité la plus pure. Dix ans exactement après leur prise de vue, Gao Bo s'est à nouveau penché sur ses photos du Tibet, les redécouvrant et proposant de nouvelles associations formelles faisant fi de la chronologie. Puis durant l'été 2009, il est retourné au Tibet, emportant ses images récemment assemblées, et il s'est mis à les retravailler en utilisant son sang comme encre et une calligraphie automatique qu'il a baptisée langage de l'âme . Cette photographie inventée, conçue par l'artiste avec l'aide de moines bouddhistes tibétains, dessine au fil des images un alphabet fictionnel nourri de typographies variées, qui devient sa signature en même temps qu'un langage universel. Ce geste souligne les limites du langage, et tente par là-même de dépasser l'incommunicabilité de son expérience au Tibet. Pour l'artiste, il s'agit moins d'un sacrifice que d'une offrande qui renforce la charge symbolique de cette langue inventée.