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Une femme dit non aux renoncements de la gauche. Une militante refuse l'unanimisme, la raison d'État et la bonne conscience. Une socialiste s'interroge sur l'avenir de ses idéaux, malmenés par une politique qui tourne le dos à l'audace et à l'imagination. Délaissant la langue de bois du monde politique, Marie-Noëlle Lienemann, députée de l'Essonne et maire d'Athis-Mons, se livre à une commémoration intime de son engagement. Il y a vingt ans, elle adhérait au Pari socialiste, celui d'Epinay, de la rénovation et de l'espoir. Il y a dix ans, elle fêtait dans l'allégresse l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République. «On ne peut plus continuer de tout attendre d'un seul homme», écrit-elle aujourd'hui, en appelant la gauche à retrouver le chemin de ses révoltes et de ses rêves, contre l'injustice et l'habitude, l'ordre des choses et l'ordre du monde. Une parole fraîche et ouverte, sans sectarisme ni calcul. Une parole libre, comme ce geste d'indépendance qui conduisit Marie-Noëlle Lienemann à voter contre l'engagement français dans la guerre du Golfe. «Le 15 janvier 1991, quelque chose s'est brisé en moi. Une fracture. À l'image de celle qui traumatise la gauche, passée de l'opposition au pouvoir, de l'idéal au réel, de l'ambition à la gestion.»